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Comment obliger les banques à financer nos PME

jeudi 10 juillet 2014, par mbourou |

L’un des secteurs les plus dynamiques actuellement en Afrique, est sans nulle doute le secteur bancaire… Je m’autorise à faire un peu l’historique d’une banque traditionnelle… Le rôle d’une banque en principe c’est de collecter les dépôts d’argent (épargne, dépôts des entreprises …) et d’utiliser ces fonds sous forme de crédits (prêter l’argent ainsi déposé aux emprunteurs) aux particuliers, entreprises, les collectivités locales ou l’Etat.
La banque est censée se rémunérer sur la tenue des comptes courants et autres frais bancaires mais surtout sur les intérêts versés par les emprunteurs. C’est le mode de fonctionnement théorique d’une banque traditionnelle... La plupart des banques africaines peuvent se targuer de fonctionner de la sorte, l’activité spéculative comme le font, si mal, les banques occidentales n’a pas encore gagné le continent (ou assez peu), ce qui est en soit une bonne nouvelle (oui de temps en temps il y en a sur le continent). L’activité des banques commerciales est supervisée, contrôlée par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui joue aussi d’autres rôles.
Parmi les rôles de la Bceao, en voici un qui a son importance : Lorsqu’elles sont à court de liquidité Les banques se tournent vers la BCEAO (elles ont des comptes bancaires à la BCEAO) qui leur prête à un taux inférieur (taux directeur) au taux auquel les banques prêtent à leurs clients et font une ainsi une marge sur le différentiel de taux. Et on a remarqué que depuis la dernière sortie du président M. SALL concernant la BCEAO, la banque centrale a revu son taux directeur à la baisse et par effet de domino, cette mesure est censée booster l’activité économique de la zone CFA ( En théorie : Quand le taux directeur baisse, les banques empruntent plus à la BCEAO et prêtent plus aux particuliers, PME et PMI à un taux « acceptable » en principe, ce qui doit permettre d’avoir plus d’argent en circulation ….)… Prêter de l’argent a cependant des risques.
Rappel : il est beaucoup moins risqué :
-  de prêter à court terme
-  de prêter un fonctionnaire (sécurité de l’emploi, mais il ne gagne pas hélas « assez ») …. Partons donc sur ces « réalités ou postulats » pour exposer ce qui va suivre…..
De nos jours le jeune salarié constitue le client parfait (la plupart des bac+2 à bac +4 « professionnalisant » trouvent plus facilement du travail aujourd’hui que dans les années 90, simple constat) il (ou elle) va se loger (penser plus ameublement qu’achat de maison), se déplacer (voiture), se marier (un gros de mariage), au Sénégal cette classe moyenne commence de nouveau à se reconstituer (dans les années twist sisi amona). L’avantage est que les durées de ces prêts sont relativement courtes (3 ans en moyenne) et les emprunteurs sont potentiellement solvables. Et nos PME dans tout ça ?
Les PME au Sénégal contribuent à hauteur de 20% de la création de richesse (et 30% des emplois, je crois cf chartres des PME), tant tandis qu’au Maroc et en Egypte, ce taux se situe entre 50 et 60%.
30% des PME Sénégalaises (hors secteur informel) sont dans le secteur de la transformation des produits locaux … Imaginer un seul instant le nombre d’emplois indirects créés ? Il n’en demeure pas moins que les PME qui devaient être une des locomotives de la croissance économique (on reviendra sur ce mot employé à toutes les sauces) sont les parents pauvres du financement bancaire. En effet en moyenne, seuls 30% des PME obtiennent un crédit quand elles le demandent (la raison peut aussi être le non-respect du formalisme bancaire). Et dire qu’il ya un ministère qui leur est spécialement dédié : Ministère chargé des PME (j’utilise la petite voix de ma copine). Lorsqu’elles ont accès, en fin au crédit, les durées de remboursement sont relativement courtes (en moyenne pas plus de 21 mois) … Quand c’est chaud, c’est chaud dé (tu te demandes ce que cette phrase veut dire, ce n’est pas grave si tu n’as pas compris) !!!
Paradoxalement paradoxal : Ce qui est paradoxal à se tordre de rire (ou pleurer de désespoir) C’est que nos banques sont très souvent en surliquidité, voilà, le mot est lâché. C’est-à-dire qu’elles ont de l’argent dont elles ne savent pas quoi faire (pour parler simple). Elles surestiment le risque au-delà du seuil nécessaire, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit, mais dans une situation économique où la plupart des PME ont besoin de financement c’est une ABERRATION.
En 2012 par exemple dans un pays comme le Cameroun, les banques étaient en surliquidité de 2 000 milliards (manque d’ambition de nos banques, manque d’imagination, manque de créativité, manque d’audace, ou trop surveillées … ?) …. Si elles ne financent pas l’activité économique du continent, ces sommes colossales remonteront financer d’autres continents via des conventions de trésorerie et autres.
On nous reproche souvent de trop parler et de ne pas proposer des solutions … là je vais en proposer
Une mesure lorsqu’elle est prise isolément n’apporte en général pas de solution viable (je ne sais plus qui l’a dit, ….. sans doute moi)
Nous allons dans ce paragraphe apporter une batterie de propositions (Réponses de décideurs, pas d’exécutants pour éviter de trop nous attarder sur les mesures de contrôle de la BCEAO …) : L’Etat doit fixer les lignes directrices (c’est le rôle de nos Etats d’orienter l’activité économique, de surcroit l’activité bancaire) :
Le bâton et la carotte, les deux vont de pair :
-  Exiger que toutes les banques au Sénégal doivent financer les PME (définir les critères) au moins à hauteur de 20% de leur fonds propres ou fonds détenus (ou plusieurs ratios à la fois pour qu’il n’y est pas d’échappatoire) et que toute banque qui ne se pliera pas à cette obligation se verra imposé « la taxe de non patriotisme ». Cette taxe peut être fixée à 30% (à définir) du ratio cité plus haut.
o Etaler le remboursement du crédit sur une durée d’au moins de 5 ans
o Limiter le taux d’emprunt (10 % maximum ou à définir) mais la PME ne paiera qu’un taux préférentiel de 7% maximum. Le différentiel de taux sera compensé par des allégements fiscaux (qui pourront être plafonnés quelques années plus tard)
-  Que toutes les PME (formelle ou informelle) qui veulent se faire financer présentent leurs projets à l’agence (de préférence une agence privée) qui chargera de vérifier la faisabilité, la rentabilité … (l’audace pourquoi pas) des projets et de constituer ainsi une base de données sur les PME au Sénégal. Cette base de données pourra être utilisée par les banques et devra être mis à jour toutes les semaines (pour éviter de dire régulièrement).
-  Que la tenue comptable des PME soit suivie par des cabinets d’expertise comptable (ça créera des emplois forcement) qui établiront des comptes annuels fiables, des liasses fiscales fiables et toutes les autres déclarations fiscales et sociales (l’Etat pourra récupérer en aval ce qu’il a perdu en amont, …., suivez mon regard)
-  L’Etat devra être garant de tous les montants prêtés et comme les agences auront validé la faisabilité de la totalité des projets, la plupart des projets seront viables et par voie de conséquence, capables de rembourser les montants empruntés. Et à chaque fois qu’une entreprise n’honore plus ses échéances l’Etat devra automatiquement et systématiquement le faire à sa place.
-  Les agences auront pour objectif de vérifier la faisabilité des projets mais aussi leur suivi pendant 2 ou 3 ans. Et la rémunération des agents (chaque agent peut avoir en charge une quarantaine de dossier) aura une part importante de variable qui dépendra de la survie des entreprises et de leur capacité de remboursement.
-  Durant toute la durée du projet, des audits (j’adore ce mot, les sénégalais aussi) devront être faits chaque année concernant l’agence et la base de données des PME. A charge pour l’agence d’évaluer ses agents.
-  Faire sauter les quelques verrous imposés par la BCEAO, … au nom du développement des PME
-  Un Etat qui augmente le budget du président de l’assemblée nationale de 4 milliards doit pouvoir garantir les prêts contractés par l’ensemble des PME,
La banque china Exim Bank a prêté 10 milliards de dollars en 2010 au Ghana pour la construction de Routes, de chemin de fer et de barrage. Il va donc falloir qu’on s’active les autres pays du continent se réveillent.

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